À la mémoire de Feu Lahcen Jikh
Fondateur de Souss Actualités
Il est des hommes dont le nom s’efface avec le temps. Et puis, il y a ceux dont l’œuvre demeure, parce qu’ils ont consacré leur vie à servir les autres.
Feu Lahcen Jikh était de ces hommes rares, dont l’engagement, la passion et la fidélité à leur terre laissent une empreinte qui ne disparaît jamais.
En 1971, animé par une conviction profonde et par un amour indéfectible pour sa terre natale, il fonda Souss Actualités. À une époque où l’information de proximité avait encore bien peu de place dans le paysage médiatique, il fit le choix courageux de donner une voix à sa ville, à sa région et à celles et ceux qui la faisaient vivre.
Natif du Souss, profondément attaché à Agadir, Lahcen Jikh n’était pas simplement journaliste. Il était un homme de terrain, un témoin de son époque, un défenseur de sa région et une mémoire vivante de son territoire.
Pendant des décennies, il a parcouru les rues, rencontré les femmes et les hommes du Souss, suivi les événements, raconté les réussites comme les difficultés, donné la parole à ceux que l’on entendait trop peu et porté un regard attentif sur les transformations de sa ville et de sa région.
Il a consacré sa plume à Agadir, au Souss-Massa et, plus largement, à son pays, le Maroc, avec une passion qui ne s’est jamais démentie.
Son journalisme était un journalisme de proximité, mais sa portée dépassait largement les frontières de sa région.
Car pour Lahcen Jikh, informer n’était pas seulement rapporter les faits. C’était servir.
Servir sa communauté.
Servir la vérité.
Servir la mémoire de son territoire.
Servir le lecteur.
Sa plume était libre, exigeante et fidèle aux faits. Il savait que le journaliste avait une responsabilité immense : celle de témoigner de son temps avec honnêteté, courage et dignité.
Au fil des années, il traversa les époques, les changements et les difficultés sans jamais renoncer à ses principes. Il resta fidèle à cette idée simple mais essentielle : un journaliste n’appartient ni au pouvoir, ni aux intérêts, ni aux circonstances ; il appartient d’abord à la vérité et à ses lecteurs.
C’est cette intégrité qui a fait de lui un journaliste hors pair.
Mais derrière le journaliste, il y avait surtout un homme profondément attaché aux siens.
Un homme qui aimait son Agadir, qui portait le Souss dans son cœur et qui croyait profondément en son avenir.
Il a vu sa ville changer, se relever, grandir et se transformer. Il en a raconté les blessures, les espoirs, les ambitions et les victoires. Il a accompagné, à travers ses écrits, plusieurs générations d’Agadiris et de citoyens du Souss.
Il n’a pas seulement écrit l’histoire de sa région. Il en a été l’un des témoins les plus fidèles.
Sa disparition a laissé un vide immense.
Un vide dans sa famille, auprès de ceux qui l’ont connu et aimé, mais aussi dans le paysage journalistique régional marocain.
Car certaines voix ne sont jamais véritablement remplacées.
Certaines plumes laissent derrière elles une trace si profonde que leur silence continue de se faire entendre.
Aujourd’hui encore, lorsque nous publions un article, lorsque nous racontons un événement, lorsque nous donnons la parole à un citoyen ou lorsque nous défendons l’intérêt de notre région, nous pensons à l’homme qui, en 1971, a posé les premières pierres de cette aventure.
Souss Actualités est né de sa vision. Il vit aujourd’hui grâce à son héritage.
Son nom demeure intimement lié à une certaine idée du journalisme : un journalisme proche des gens, indépendant, courageux, rigoureux et profondément enraciné dans son territoire.
Nous avons envers lui une dette qui ne pourra jamais être entièrement acquittée : celle de la mémoire.
C’est pourquoi nous voulons continuer à faire vivre ce qu’il nous a transmis.
L’indépendance.
La rigueur.
La proximité.
Le courage.
Le respect du lecteur.
Et surtout, l’amour de notre région et de notre pays.
À travers Souss Actualités, sa voix continue, d’une certaine manière, de nous accompagner.
Chaque article est une petite part de cet héritage.
Chaque témoignage recueilli prolonge son engagement.
Chaque sujet consacré à Agadir et au Souss fait vivre la passion qui l’animait.
Et tant que cette volonté de servir l’information demeurera vivante, Lahcen Jikh ne sera jamais vraiment absent.
Il restera dans la mémoire de ceux qui l’ont connu.
Il restera dans la mémoire de ceux qu’il a informés.
Il restera dans les rues d’Agadir qu’il a tant aimées.
Il restera dans les paysages du Souss auxquels il a consacré tant d’années.
Et il restera, surtout, dans les pages de Souss Actualités, qu’il a fondé avec courage et auxquelles il a donné une âme.
À vous, Feu Lahcen Jikh,
Nous vous devons bien plus qu’un hommage.
Nous vous devons de continuer.
Continuer à écrire.
Continuer à informer.
Continuer à défendre la vérité.
Continuer à donner une voix à notre région.
Continuer à aimer Agadir et le Souss comme vous les avez aimés.
Votre plume s’est éteinte, mais votre combat ne s’est pas arrêté.
Votre voix s’est tue, mais votre héritage continue de parler.
Et votre œuvre, elle, demeure.
À la mémoire de Lahcen Jikh, journaliste d’exception, pionnier de la presse de proximité, amoureux d’Agadir, enfant du Souss et homme profondément attaché au Maroc.
Que son âme repose en paix.
Son nom restera à jamais inscrit dans l’histoire de Souss Actualités, dans la mémoire de notre région et dans le cœur de tous ceux qui ont eu la chance de connaître son œuvre.