La fin des vacances arrive toujours trop vite.

ces Marocains résidant à l’étranger . le moment du retour est souvent chargé d’émotion. Il faut quitter le pays, laisser derrière soi les parents, la famille, les amis, les voisins et cette ambiance si particulière que l’on ne retrouve nulle part ailleurs.
Pendant quelques semaines, les maisons familiales ont retrouvé leur animation. Les repas partagés, les longues discussions, les visites improvisées, les rires des enfants et les soirées passées en famille ont redonné au quotidien une chaleur particulière. Puis arrive le moment où les valises doivent être préparées.

Le départ n’est jamais facile.

Certains parents restent sur le pas de la porte jusqu’au dernier moment. Les embrassades se prolongent, les regards deviennent humides et chacun tente de retenir son émotion. On se dit « à bientôt », même si l’on sait que les prochains mois seront longs.
Et pourtant, derrière la tristesse du départ, il existe aussi un autre sentiment, parfois difficile à expliquer : l’envie de rentrer chez soi.
Car après plusieurs semaines de vacances, beaucoup de MRE ressentent le besoin de retrouver leur maison, leur lit, leur quartier, leur travail et leur quotidien. Pour les enfants, il faut reprendre le chemin de l’école. Pour les parents, retrouver leur activité professionnelle et, pour toute la famille, reprendre progressivement le rythme habituel.
Il y a quelque chose de rassurant dans la routine et les habitudes de tous les jours : le café du matin, le trajet habituel, les voisins, le travail, l’école des enfants et toutes ces petites choses qui composent une vie.
Même loin du Maroc, une autre vie s’est construite au fil des années. Une vie faite de souvenirs, de travail, d’habitudes et de projets. Une vie qui est devenue, elle aussi, un chez-soi.
C’est peut-être cela, le paradoxe de l’émigration avoir deux maisons dans le cœur.
Au Maroc, on laisse une partie de soi auprès de ses parents et de sa famille. En Europe ou ailleurs, on retrouve sa maison, son travail, ses enfants et les habitudes que l’on a construites au fil du temps.
Alors, sur la route du retour, les sentiments se mélangent. On quitte le Maroc avec la nostalgie des moments passés, avec le visage des parents en mémoire et le souvenir des soirées en famille. Mais on rentre aussi avec le désir de retrouver sa maison, sa routine et cette vie devenue familière.
Le cœur reste partagé entre deux pays, deux vies et deux attachements.
Et pendant le voyage du retour, une pensée accompagne souvent les MRE
On quitte le Maroc avec les larmes aux yeux… et l’on rentre chez soi avec l’espoir de revenir bientôt.
Ce que vivent les MRE Maroc à chaque fin d’été, c’est une expérience que peu de gens comprennent vraiment. Une double appartenance, un tiraillement permanent entre deux mondes qui ne se ressemblent pas mais qui forment, ensemble, leur identité. Ils ont construit leur vie en Europe, en Amérique ou ailleurs, mais leur cœur reste ancré dans les ruelles d’Agadir, de Casablanca, de Fès ou de leur village d’origine.
Le retour au Maroc n’est pas qu’un voyage. C’est une respiration. Un ressourcement annuel qui leur permet de tenir le reste de l’année, de garder le lien avec leurs racines et de transmettre à leurs enfants, nés souvent à l’étranger, le goût d’une culture qu’ils n’ont pas grandis à vivre au quotidien. Chaque été, ils reviennent. Et chaque été, ils repartent le cœur un peu plus lourd.
La communauté des MRE Maroc représente aujourd’hui plusieurs millions de personnes à travers le monde. Leur contribution économique, sociale et culturelle au Maroc est considérable. Mais au-delà des chiffres, c’est leur attachement profond au pays qui reste leur force silencieuse, leur raison de traverser les frontières, encore et encore.

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